« Faut-il vraiment déclarer mon installation à Enedis ? » C'est la question qui revient le plus souvent dans les commentaires sur mes vidéos. La réponse honnête : oui, et c'est plus simple qu'on ne le croit. Voici la marche à suivre, étape par étape, pour rester totalement en règle.
Pourquoi c'est obligatoire
En France, dès qu'une installation photovoltaïque est raccordée au réseau électrique de votre logement, vous devez la déclarer à Enedis (gestionnaire du réseau de distribution). C'est la loi, et trois raisons pratiques le justifient :
- Sécurité technique : Enedis doit savoir qu'il y a une source de production locale derrière votre compteur, pour des raisons d'intervention en cas de panne
- Sécurité juridique : en cas de sinistre lié à votre installation, votre assurance habitation peut refuser de couvrir si l'installation n'est pas déclarée
- Conformité tarifaire : pour bénéficier des dispositifs de revente du surplus, la déclaration est un préalable
Mythe à déconstruire
« Mon installation fait moins de 800 W, donc je n'ai rien à déclarer. » C'est faux. Le seuil de 800 W concerne un autre point réglementaire (les obligations de protections renforcées). Toute injection sur votre réseau domestique, même 400 W, doit être déclarée.
Les 3 cas de figure possibles
Selon votre projet, la démarche Enedis n'est pas la même :
Cas 1 — Autoconsommation totale sans injection (recommandé pour kits DIY)
Vous consommez toute votre production. Le surplus éventuel n'est pas injecté dans le réseau. Démarche : convention CACSI (Convention d'Autoconsommation Sans Injection). Gratuit, en ligne, sans Consuel.
Cas 2 — Autoconsommation avec vente du surplus
Vous consommez en priorité et revendez l'excédent à EDF Obligation d'Achat (ou autre acheteur). Démarche : convention CACSI + contrat de vente. Le Consuel devient généralement obligatoire selon la puissance.
Cas 3 — Vente totale
Toute la production est injectée et vendue. Démarche complète : raccordement spécifique, Consuel obligatoire, contrat de vente. Beaucoup plus lourd, peu recommandé pour de petites puissances.
Pour un projet DIY au sol de quelques panneaux (cas le plus courant), vous êtes dans le cas 1. C'est ce qu'on détaille ci-dessous.
La procédure pas à pas pour le cas 1
Étape 1 — Préparer vos documents
Avant de remplir le formulaire en ligne, ayez sous la main :
- Votre n° de point de livraison (PDL) ou PRM (sur votre facture EDF)
- Vos coordonnées complètes (titulaire du contrat d'électricité)
- Les fiches techniques de vos panneaux et de votre micro-onduleur (PDF du fabricant)
- Le certificat de conformité CE du micro-onduleur (souvent sur le site du constructeur)
- La puissance crête totale de votre installation (somme des Wc panneaux)
- La puissance maximale du ou des micro-onduleurs en W
Étape 2 — Faire la déclaration en ligne
- Allez sur raccordement.enedis.fr
- Cliquez sur « Faire une demande de raccordement »
- Choisissez « Production d'énergie » puis « Installer une production en autoconsommation totale »
- Renseignez votre PRM et vos coordonnées
- Détaillez votre installation (technologie, puissance, marque/modèle micro-onduleur)
- Téléversez les fiches techniques en PDF
- Validez la convention CACSI proposée par Enedis
Étape 3 — Recevoir votre attestation
Enedis traite votre demande sous 2 à 4 semaines. Vous recevez par mail :
- L'attestation de convention CACSI validée
- Un numéro de référence à conserver précieusement
- L'autorisation de mise en service de votre installation
Conservez ces documents — votre assurance habitation peut vous les demander, et c'est la preuve que tout est en règle.
Vous préparez votre installation ?
Avant la déclaration, il faut le matériel et la structure. Le guide Solaireteck détaille la construction du support bois sur 109 pages.
Les pièges à éviter
1. Déclarer avant d'avoir le matériel
Enedis exige les fiches techniques exactes. Si vous changez de micro-onduleur après la déclaration, il faut tout redéposer. Achetez d'abord, déclarez ensuite.
2. Oublier de prévenir votre assurance habitation
L'attestation Enedis ne suffit pas. Envoyez une copie à votre assureur pour qu'il intègre l'installation dans votre contrat. C'est gratuit dans 99 % des cas, et ça vous couvre en cas de dégât.
3. Confondre Enedis et votre fournisseur
Enedis gère le réseau. Votre fournisseur (EDF, TotalEnergies, Engie...) gère la facturation. Vous déclarez à Enedis, et accessoirement vous informez votre fournisseur que vous êtes en autoconsommation (utile pour mettre à jour votre offre tarifaire).
4. Sous-estimer la puissance déclarée
Si vous déclarez 400 W et que vous avez en réalité 800 W, vous êtes en infraction. Soyez exact, même si ça vous fait passer dans une autre catégorie administrative.
Et la déclaration en mairie ?
Pour une installation au sol en autoconsommation :
- Hauteur ≤ 1,80 m et surface ≤ 20 m² : aucune démarche en mairie (sauf si zone protégée)
- Hauteur > 1,80 m ou surface > 20 m² : Déclaration Préalable de travaux obligatoire
- Zone protégée (ABF, lotissement) : règles spécifiques à vérifier auprès de votre mairie
En cas de doute, passez à la mairie : 10 minutes vous évitent un courrier d'urbanisme désagréable plusieurs mois après l'installation.
Combien de temps prend l'ensemble ?
De la commande du matériel à l'autorisation Enedis :
- Livraison matériel : 1 à 3 semaines
- Construction de la structure : 2 à 4 week-ends pour un débutant méthodique
- Pose des panneaux et raccordement : 1 journée
- Déclaration Enedis et obtention CACSI : 2 à 4 semaines
Comptez 1 à 2 mois entre la décision de vous lancer et la mise en service officielle. C'est court par rapport à un projet par installateur professionnel (souvent 3 à 6 mois).